Energies marines renouvelables

Frédéric CHAUCHET
Chargé d'affaires Manufacturing/Nautisme/EMR

Energies marines renouvelables : sortez les grands équipements !

Se préparant à accueillir deux champs éoliens offshore à partir de 2018, la métropole Nantes Saint-Nazaire voit déjà plus loin : elle développe des unités industrielles et des capacités de recherche et développement de haut niveau, soutenues sur des grands équipements uniques en France, sur toutes les technologies EMR.


Les grands industriels montrent la voie

La métropole Nantes Saint-Nazaire héberge de grands industriels historiques qui ont pris le virage des EMR. C’est le cas de STX avec ses sous-stations électriques et ses fondations, ou encore de DCNS qui explore de nouvelles voies comme les hydroliennes ou l’énergie thermique des mers. D’autres, comme General Electric, sont venus s’implanter spécialement sur place.

En réseau, les PME cultivent la performance industrielle

Entraînée par la présence des grands industriels sur le territoire, la filière des énergies marines renouvelables regarde vers le haut. De nombreuses PME innovantes prennent la relève sur ce secteur émergent, telles que Innosea, Geps Techno, HydrOcean ou Natural Power. Elles sont épaulées par 3 pôles de compétitivité EMC2, S2E2 et PASCA, et la branche EMR du cluster Neopolia qui regroupe 115 entreprises.

Des sites de tests

Autour de Nantes Saint-Nazaire, deux sites sont consacrés aux tests, nécessaires à ces nouvelles technologies. L’un sur le Grand Port Maritime, l’autre en pleine mer. Ce dernier, SEM-REV, permet la mise au point de systèmes de récupération des énergies issues principalement de la houle et du vent.

Nantes Saint-Nazaire fait la course en tête en matière d'éolien offshore. Depuis 2013, la Région des Pays de la Loire soutient une dynamique industrielle remarquable sur ces énergies nouvelles. Avec la construction des 2  parcs éoliens en mer au large des côtes de Saint-Nazaire et de Noirmoutier, la mobilisation des acteurs économiques et académiques va croissante. Les grands industriels comme les chantiers navals STX ou DNCS ont donné une impulsion supplémentaire à leur R&D. D’autres sont venus s’installer sur place. C’est le cas d’Alstom, racheté par General Electric (GE), qui a inauguré fin 2014 deux usines à Montoir, près de Saint-Nazaire, pour assembler des nacelles et fabriquer des alternateurs d’éoliennes. Dans le même temps, également à Saint-Nazaire STX construisait son usine Anemos, destinée à la production de fondations d’éoliennes et de sous-stations électriques pour les champs offshore.

Cap 2022 pour le parc éolien offshore de Saint-Nazaire

Première inaugurée en France, la ferme de 80 éoliennes sortira des flots en 2022, au large de Saint-Nazaire. Les usines GE de l'estuaire tournent déjà à plein à l’export. Elles livrent déjà leurs machines au premier parc éolien offshore des États-Unis et plus de 300 commandes d’éoliennes  sont en cours pour la France et l’Allemagne. 

Pour faciliter le pré-assemblage des éoliennes, le Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire a créé un hub logistique XXL. Depuis 2018, les pièces des éoliennes de types Haliade y transitent pour être assemblées par les entreprises EMR de Saint-Nazaire. 

SEM-REV pour des essais en mer grandeur nature

Toutes les technologies EMR (offshore posé et flottant, hydroliennes, houlomoteur, énergie thermique…) sont explorées à Nantes Saint-Nazaire. Elles font l'objet d'investissements et d'études, exploitant les potentiels de grands équipements comme le site d’essais en mer SEM-REV, géré par l’École Centrale de Nantes. Situé au large du Croisic, il est l’un des quatre à bénéficier du projet européen Foresea. Doté de 11 millions d’euros, ce fonds permettra de lancer des appels à candidature pour sélectionner et tester en mer de nouvelles technologies. Et le défi est à la hauteur des enjeux : une éolienne en mer peut produire jusqu'à deux fois plus d'énergie qu'une éolienne sur terre.

1 000 chercheurs EMR en 2020

De la soufflerie climatique Jules Verne aux plates-formes Technocampus en passant par les grandes écoles (Centrale Nantes) et l’Université de Nantes (12 laboratoires), la recherche technologies accompagne le développement des EMR sur le territoire, dans des domaines aussi variés que la durabilité des matériaux, le stockage et le transport de l’énergie ou encore les espaces marins. D’ici 2020, les EMR mobiliseront ici au moins un millier de chercheurs.

Au-delà des milliers d'emplois créés, cela représente un savoir-faire industriel énorme sur les énergies renouvelables offshore. Côté formation, la région des Pays de la Loire s’est mise en ordre de bataille et propose aujourd’hui une offre adaptée aux besoins des industriels de la filière EMR, sur tous les maillons de la chaîne de valeur : ingénierie, construction, mécanique et matériaux, installation et raccordement, exploitation maintenance…

Seanergy 2020 attendu à Nantes Saint-Nazaire

En juin 2020, Nantes Saint-Nazaire accueillera Seanergy, l'événement international dédié aux énergies marines renouvelables. Cet événement incontournable des acteurs de la filière EMR est une récompense et un signe de reconnaissance pour les acteurs de la filière EMR, tous les industriels et Exponantes, où il se déroulera.

Les chiffres-clés des énergies marines renouvelables

4 000

emplois sur Nantes-Saint-Nazaire

1er

pôle industriel français des EMR. 750 éoliennes devraient y être produites d’ici à 2022

5000

étudiants sont concernés par la filière des EMR

Sous-secteurs

Éolien posé
Conçues au départ sur le modèle de leur équivalent terrestre, les éoliennes offshore se sont adaptées au milieu marin : résistance à la corrosion, aux tempêtes, aux efforts créés par les masse d’eau… À Nantes Saint-Nazaire, ces technologies sont à pleine maturité.
Éolien flottant
La première éolienne flottante de France a été installée au printemps 2018 sur le site SEM-REV de l’École Centrale de Nantes. Baptisée Floatgen, ce projet réunit sept partenaires européens. Alternative à l’éolien posé, l’éolien flottant permet de construire des parcs au large, pour un moindre impact sur les activités proches de la côte.
Hydrolien
Exploiter la force des courants marins et fluviaux pour la transformer en énergie. Complémentaires de l’éolien offshore, les hydroliennes font l'objet de projets de R&D à Nantes Saint-Nazaire. La France va lancer des appels d’offres d’ici à la fin de la décennie pour installer une puissance de 2 GigaWatts (hydroliennes et éoliennes flottantes).
Houlomoteur et énergie thermique
Capter l’énergie de la houle : c’est l’objectif que se donne la start-up nazairienne Geps Techno qui conçoit des pilotes pour capter cette source d'énergie. Un projet collaboratif de conception d’un démonstrateur de 500 KW de 25 mètres de diamètre a été lancé et les premiers essais sur la plateforme SEM-REV réalisés. L’énergie thermique des mers, encore peu développée, s’avère pourtant prometteuse, en particulier pour les îles. Le groupe DCNS en a fait un axe central de sa stratégie et est pionnier sur le sujet.

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